La barrière de l’usine Nissan dans la zone franche de transformation pour l’exportation.Il est presque incroyable que des syndicats puissent exister aux Philippines.
Les lois du travail sont truffées de dispositions contre les travailleurs. Lorsque des travailleurs réussissent à faire accréditer leur syndicat, dans la grande majorité des cas l’employeur s’oppose à toutes les étapes des négociations en interjetant appel auprès du Department of Labor and Employment ou DOLE, des tribunaux et même auprès de la Cour suprême.
Dans les rares cas où la Cour suprême donne raison au syndicat, l’employeur peut tout simplement ignorer la décision et dans le pire des cas, il recevra un simple avertissement. Selon certains avocats progressistes spécialisés en droit du travail, aucune entreprise dans l’histoire des Philippines n’a jamais été punie pour outrage au tribunal ou pratiques de travail injustes.
Pendant que les entreprises dépensent de l’argent pour lutter contre les syndicats, les travailleurs, en particuliers les dirigeants syndicaux, sont mis à pied illégalement ou forcés à faire la grève.
C’est à peu près ce qui s’est passé pour les travailleurs des zones franches de transformation pour l’exportation de Tagalog sud, où les délégués syndicaux canadiens ont visité les travailleurs sur les lignes de piquetage des sociétés Nissan et Nestlé. Les syndicats des deux usines sont en grève depuis environ sept ans.
Les choses empirent.
Le site industriel de Nissan est protégé par un détachement militaire qui est stationné dans une petite collectivité pauvre urbaine avoisinante au moment où la grève battait son plein. Au moins ils sont cantonnés à l’extérieur de l’usine, contrairement au site de Toyota où les militaires sans uniformes jouent au basket-ball dans la cour de l’entreprise.
Un jeune dirigeant syndical a montré à Peter Leibovitch, du Syndicat des métallurgistes unis d’Amérique (SMUA), et à Daniel Kinsella, de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), l’abri de grève qui est occupé en tout temps. Les murs sont faits de planches minces et le toit d’une toile épaisse et de morceaux de cartons retenus par des bâtons de bois et de bambou. Il est semblable aux abris que l’on retrouve dans la collectivité pauvre avoisinante, sauf pour les bannières de grèves et les slogans peints sur les murs. «Justice» dit l’un de ces slogans en pilipino.
Un gréviste dormait sur un lit de bois sans matelas au milieu de l’abri. Il avait monté la garde toute la nuit. Le jeune dirigeant syndical, qui n’a pas voulu que son nom soit publié, a déclaré que des 300 travailleurs en grève du début, il n’en reste que 160 qui se remplacent sur les lignes de piquetage. Les autres ont trouvé du travail ailleurs, un grand nombre à l’extérieur du pays.
Le dirigeant syndical a mentionné que les militaires du détachement avaient visité sa maison trois fois et l’avaient interrogé. Ils l’ont incité à abandonner le syndicat car, ont-ils dit, il était lié au mouvement gauchiste Nouvelle Armée du peuple.
«Je ne fais rien d’illégal», a-t-il répondu, bien qu’il ait des raisons d’être sur ses gardes. Le président du syndicat lors de la grève chez Nestlé, Diosdado Fortuna, a été tué par des motocyclistes non identifiés. On soupçonne fortement que ses assassins étaient des membres du détachement militaire déployé à l’intérieur et à l’extérieur de l’usine Nestlé. Après quatre années d’enquête, rien n’en est sorti.
Les délégués canadiens ont aussi visité la maison d’un autre dirigeant syndical assassiné travaillant à EMI-Yazaki, une entreprise qui fournit des faisceaux électriques à Toyota, Honda, Mazda et Chrysler. Gerry Cristobal a été tué par des hommes non identifiés, le 8 mars 2008. La police locale a déclaré qu’une dispute de circulation était à l’origine du meurtre et qu’aucun suspect n’avait été identifié.
«Gerry a été tué à l’aide de M-14 et de M-16 (des fusils d’assaut de grande puissance). Personne ne possède ces armes, sauf les militaires et les policiers», a déclaré son épouse.
Elle a offert le déjeuner aux délégués, aux membres et aux dirigeants actuels du syndicat de EMI-Yazaki ainsi qu’à la veuve et à l’enfant d’un autre dirigeant syndical assassiné, Jesus Servida, aussi de EMI-Yazaki. Ce dernier était avec un autre membre du syndicat lorsqu’il a été tué par balle lors d’une attaque. L’autre membre a survécu. L’enquête sur cet incident, qui s’est produit le 11 décembre 2006, n’a pas progressé.
«Nous demandons toujours que justice soit faite. Entre-temps, nous continuons à organiser et à éduquer les travailleurs. Nous continuons à nous opposer à la politique tacite «pas de syndicat, pas de grève» qui prévaut dans les zones franches de transformation pour l’exportation», a déclaré le président actuel du syndicat de EMI-Yazaki.
Les lois du travail sont truffées de dispositions contre les travailleurs. Lorsque des travailleurs réussissent à faire accréditer leur syndicat, dans la grande majorité des cas l’employeur s’oppose à toutes les étapes des négociations en interjetant appel auprès du Department of Labor and Employment ou DOLE, des tribunaux et même auprès de la Cour suprême.
Dans les rares cas où la Cour suprême donne raison au syndicat, l’employeur peut tout simplement ignorer la décision et dans le pire des cas, il recevra un simple avertissement. Selon certains avocats progressistes spécialisés en droit du travail, aucune entreprise dans l’histoire des Philippines n’a jamais été punie pour outrage au tribunal ou pratiques de travail injustes.
Pendant que les entreprises dépensent de l’argent pour lutter contre les syndicats, les travailleurs, en particuliers les dirigeants syndicaux, sont mis à pied illégalement ou forcés à faire la grève.
C’est à peu près ce qui s’est passé pour les travailleurs des zones franches de transformation pour l’exportation de Tagalog sud, où les délégués syndicaux canadiens ont visité les travailleurs sur les lignes de piquetage des sociétés Nissan et Nestlé. Les syndicats des deux usines sont en grève depuis environ sept ans.
Les choses empirent.
Le site industriel de Nissan est protégé par un détachement militaire qui est stationné dans une petite collectivité pauvre urbaine avoisinante au moment où la grève battait son plein. Au moins ils sont cantonnés à l’extérieur de l’usine, contrairement au site de Toyota où les militaires sans uniformes jouent au basket-ball dans la cour de l’entreprise.
Un jeune dirigeant syndical a montré à Peter Leibovitch, du Syndicat des métallurgistes unis d’Amérique (SMUA), et à Daniel Kinsella, de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC), l’abri de grève qui est occupé en tout temps. Les murs sont faits de planches minces et le toit d’une toile épaisse et de morceaux de cartons retenus par des bâtons de bois et de bambou. Il est semblable aux abris que l’on retrouve dans la collectivité pauvre avoisinante, sauf pour les bannières de grèves et les slogans peints sur les murs. «Justice» dit l’un de ces slogans en pilipino.
Un gréviste dormait sur un lit de bois sans matelas au milieu de l’abri. Il avait monté la garde toute la nuit. Le jeune dirigeant syndical, qui n’a pas voulu que son nom soit publié, a déclaré que des 300 travailleurs en grève du début, il n’en reste que 160 qui se remplacent sur les lignes de piquetage. Les autres ont trouvé du travail ailleurs, un grand nombre à l’extérieur du pays.
Le dirigeant syndical a mentionné que les militaires du détachement avaient visité sa maison trois fois et l’avaient interrogé. Ils l’ont incité à abandonner le syndicat car, ont-ils dit, il était lié au mouvement gauchiste Nouvelle Armée du peuple.
«Je ne fais rien d’illégal», a-t-il répondu, bien qu’il ait des raisons d’être sur ses gardes. Le président du syndicat lors de la grève chez Nestlé, Diosdado Fortuna, a été tué par des motocyclistes non identifiés. On soupçonne fortement que ses assassins étaient des membres du détachement militaire déployé à l’intérieur et à l’extérieur de l’usine Nestlé. Après quatre années d’enquête, rien n’en est sorti.
Les délégués canadiens ont aussi visité la maison d’un autre dirigeant syndical assassiné travaillant à EMI-Yazaki, une entreprise qui fournit des faisceaux électriques à Toyota, Honda, Mazda et Chrysler. Gerry Cristobal a été tué par des hommes non identifiés, le 8 mars 2008. La police locale a déclaré qu’une dispute de circulation était à l’origine du meurtre et qu’aucun suspect n’avait été identifié.
«Gerry a été tué à l’aide de M-14 et de M-16 (des fusils d’assaut de grande puissance). Personne ne possède ces armes, sauf les militaires et les policiers», a déclaré son épouse.
Elle a offert le déjeuner aux délégués, aux membres et aux dirigeants actuels du syndicat de EMI-Yazaki ainsi qu’à la veuve et à l’enfant d’un autre dirigeant syndical assassiné, Jesus Servida, aussi de EMI-Yazaki. Ce dernier était avec un autre membre du syndicat lorsqu’il a été tué par balle lors d’une attaque. L’autre membre a survécu. L’enquête sur cet incident, qui s’est produit le 11 décembre 2006, n’a pas progressé.
«Nous demandons toujours que justice soit faite. Entre-temps, nous continuons à organiser et à éduquer les travailleurs. Nous continuons à nous opposer à la politique tacite «pas de syndicat, pas de grève» qui prévaut dans les zones franches de transformation pour l’exportation», a déclaré le président actuel du syndicat de EMI-Yazaki.
Daniel Kinsella (AFPC) et Peter Leibovitch (SMUA) avec la veuve (première rangée, en noir) du dirigeant syndical assassiné Gerry Cristobal, la veuve et l’enfant (à la droite de Mme Cristobal) de Jesus Servida et les dirigeants syndicaux actuels à EMI-Yazaki.

